IMAGE NUMERIQUE et l'ERE du SOUPÇON

Publié le par France


Une image ... à l'image des sociétés de contrôle

Extrait de l'éditorial "Paris-Art" du 20 Juillet 06, signé André ROUILLE.
http://www.paris-art.com/edito_detail-andre-rouille-158.html

..."L'image argentique était extrêmement rigide, les trucages et retouches toujours longs, difficiles et nécessairement limités; l'image numérique est toujours-déjà retouchée, les appareils numériques étant d'ailleurs vendus avec des logiciels de traitement d'images, c'est-à-dire de retouche. De l'argentique au numérique, l'ère du soupçon succède à une longue période de croyance en la vérité des images.

La photographie argentique est une machine à fixer, à produire de la permanence. L'instantané fixe, fige, arrête un geste ou un instant; le négatif-empreinte scelle dans sa matière les formes des choses du monde; le mot «fixateur» désigne éloquemment le produit chimique qui bloque toute transformation de l'image.
Avec le numérique, au contraire, les ancrages et points fixes ont disparu. Les images sont déconnectées de leur origine matérielle qui devient inassignable. Sans point fixe, sans origine absolue, elles sont infiniment labiles et transmissibles au sein de réseaux numériques sous l'état non objectal de fichiers électroniques.
Bien qu'elles puissent accessoirement (...) être imprimées sur papier, les écrans sont leurs surfaces privilégiées d?inscription, et les réseaux leur aire de circulation. Instantanément accessibles en tous points du globe sur les réseaux internet ou par courrier électronique, les images numériques sont toujours-déjà déterritorialisées. Une image à l'image de la société de contrôle."

France
Publicité

Publié dans EDITION & MEDIA

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article