HADOPI a oublié les artistes ...

Publié le par France


Suite de mes chroniques sur le projet de loi HADOPI...


l'UFC-Que Choisir ? a analysé les conséquences de la LOI INTERNET et CREATION pour les artistes. Voici un extrait significatif. A lire et à faire circuler dans tous vos réseaux, si vous voulez vraiment défendre les intérêts de cette profession, qui en a vraiment besoin.

Q.10 Le projet de loi protège-t-il vraiment les intérêts des artistes ?

R. Non, le projet de loi ne comporte pas une seule ligne relative à la rémunération des artistes ou des auteurs-compositeurs. Pourtant, tout le monde sait que ces derniers tirent peu profit de l'avènement du numérique. Par exemple, sur un fichier téléchargé d'une valeur de 0,99 euro, 0,60 euro revient à la maison de disque, 0,05 à l'artiste et 0,07 à la SACEM (qui, après avoir pris sa part, répartira le solde aux auteurs-compositeurs). Ce problème se posait déjà avec les CD, puisque au mieux les artistes percevaient 10 % de la vente (seules les grandes stars du top 50 atteignent ces montants !).

Par ailleurs, lorsque l'on sait que la vente de CD et de fichiers musicaux ne représente en moyenne que 20 % des sommes collectées par la SACEM et 18 % des revenus des artistes, on comprend bien que ce projet est fait pour quelques maisons de disques qui refusent de s'adapter au monde du numérique.

De plus, les maisons de disques n'ignorent pas que si de nouveaux systèmes de distribution se mettaient en place, par exemple les licences légales, la grille des rémunérations serait remise à plat et pas forcément à leur avantage !

Pour résumer, avec ce projet de loi, le consommateur perdrait sur le terrain des libertés fondamentales et ne gagnerait rien sur celui de l'offre commerciale. Du côté des artistes et des auteurs-compositeurs, le projet de loi propose de mettre en place des processus qui ne garantissent en rien qu'ils soient mieux rémunérés ou que leurs oeuvres soient mieux diffusées. C'est que l'on appelle une stratégie "perdant-perdant".

J'ai fait réagir un professionnel, suite à ces prises de positions UFC. Voici ses propos (en respectant son anonymat) :

"Pour la rémunération des artistes la chose est pire, les royalties sont entre 7 et 15% du prix de gros hors taxes pas du prix de vente. Ne pas oublier non plus que ceux qui tire le plus profit sont les revendeurs, FNAC and c°.

Ces revendeurs sont bel et bien présents sur la toile ; Mais cela dit il faut aussi voir une chose concernant ces initiatives qui germent sur la toile. Elles ne sont que la transposition de pratiques qui existaient avant le net.

My Major Company utilise le principe de la souscription. Le réel problème pour l'artiste est d'être présent également sur les autres médias ; Et c'est là où entre la logistique des majors qui ont l'argent et les réseaux pour la promotion de leurs artistes. Le revers de la médaille pour le net pourrait être dans les pages du livre de Jean-Christophe Ruffin "Globalia" que je vous invite à lire.

La sur-proposition risque de noyer la proposition et le public ne pouvant passer sa vie à chercher des artistes qu'il considère de valeur, se fiera aux propositions que les "spécialites" feront et dans ces spécialites on peut compter sur la présence des revendeurs qui deviendront peut-être aussi distributeurs et pourquoi pas également les producteurs de demain.

L'avidité de l'argent n'a pas de limite et malheureusement permet de développer une imagination des plus débordantes. Mais ce ne sont là que des suppositions qui, je l'espère, ne verront pas le jour".
(Propos recueillis le 8 novembre 08)

France

Publié dans BlogZine

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