HADOPI, la grande hypocrisie ...

Publié le par France


Les Sénateurs français ont adopté jeudi 30 oct 08 le projet de loi "Création & Internet", dite aussi HADOPI. Ils ont, notamment, entériné la coupure de l'accès à Internet, en cas de téléchargement illégal et répété d'oeuvres musicales ou audiovisuelles.

Avec regret, je constate que les nouvelles sources de richesses générées par le net n'ont pas été prises en compte par notre Haute Assemblée; à savoir, le déplacement et le basculement de la création de la valeur vers les mondes numériques.

Un exemple probant (parmi tant d'autres), celui de MyMajorCompany

Leur vision et offre commerciale ?

1° Faire découvrir aux internautes une musique de qualité. MyMajorCompany veut réunir le meilleur des artistes non-signés et permettre au public de profiter de leur travail.

2° Accorder une place beaucoup plus importante à la rémunération des artistes. Dans des contrats classiques, un artiste en développement voit sa rémunération osciller entre 10% et 15% de chaque vente. Notre modèle économique offre aux artistes une rémunération de 20% sur le revenu des ventes physiques et numériques !

3° Impliquer les consommateurs dans la sélection et dans la réussite des artistes. Dans MyMajorCompany, les internautes deviennent Producteurs. En décidant de miser sur leurs artistes favoris, ils sélectionnent ceux qui verront leurs albums produits, distribués et médiatisés. Ils participent en plus aux décisions stratégiques de leur développement et gagnent de l'argent sur les ventes des artistes qu'ils soutiennent.


MyMajorCompany illustre PARFAITEMENT la nouvelle économie et les sources de richesses multiples et partagées qu'elle procure...

Autre exemple, de la même inspiration,celui de l'artiste GAEL DURO et ses AMIS PRODUCTEURS  Et il y en a tant d'autres qui fleurissent chaque jour...

Nous sommes, depuis plusieurs années, dans un nouveau monde, que les Majors ne veulent pas comprendre. Préservation de leurs seuls intérêts financiers oblige !

Autre souci - de TAILLE - qui n'a pas été examiné par nos représentants : mais où seront les preuves du téléchargement illégal ?

Numérama, dans son édition numérique du 9 juin 08 a relaté l'expérience menée par l'Université de Washington. En voici un extrait.

"Sur le principe, le projet de loi Hadopi prévoit que la Haute Autorité instruit ses dossiers de riposte graduée à partir des relevés d'infraction réalisés par les ayants droit. Ceux-là font appel à des sociétés spécialisées dans la chasse aux adresses IP sur les réseaux P2P, qui constatent la mise en partage illicite d'une oeuvre et notent la date et l'heure de l'infraction, en face de l'adresse IP du délinquant présumé. Or une étude réalisée par l'Université de Washington arrive à point nommé pour rappeler l'extrême fragilité des procédés employés pour relever l'identité des internautes coupables de téléchargement illégal sur Internet.
...
L'Université a reçu des plaintes de la part d'ayants droit pour des uploads qui auraient eu lieu à partir... d'imprimantes ou de routeurs WiFi. Malaise."

Sans parler des propriétaires de cybercafés : ce sont eux qui vont être poursuivis en cas de téléchargements illicites ?

D'autres aspects plus juridiques ont été traités par de nombreux acteurs majeurs de l'Internet, dont l'avis (daté du 29 avril 08) de la CNIL publiée (sans autorisation) le 3 novembre dans la Tribune.fr.
Lire la réponse officielle de la CNIL, ce 3 novembre 08, suite à la publication de l'avis dans la Tribune.

Quand le numérique prend le pouvoir, les hommes de pouvoir s'y laissent prendre...

France


A noter : le site j'aime les artistes qui s'appuie sur des valeurs du XXème siècle, en prétendant vouloir défendre les artistes ... du XXIème ! Leur positionnement n'est pas en phase avec ce qu'est INTERNET (et ses infrastructures à aujourd'hui). Internet et les réseaux numériques permettent à tout un chacun de développer sa propre activité... Sans intermédiaire.




Publié dans ACTU_NUMERIQUE

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